Mais où trouver ce fameux job ? Le site
france olympique dans lequel chaque athlète français sélectionné pour les JO a sa fiche biographique, donne des pistes intéressantes. Si une minorité, à l’image de Christine Arron ou de Mehdi Baala, se déclare athlète professionnel, le spécialiste du 110m haies Ladji Doucouré fait, lui, partie des salariés. Son employeur : le conseil général de l’Essonne qui lui a signé un contrat d’insertion professionnelle. Son poste ? « Assistant technique et administratif au Pôle événementiel et communication. ». Médaillée de bronze au judo, Stéphanie Possamai est gendarme comme le nageur Alain Bernard. Spécialiste du VTT, Laurence Leboucher est postière, tandis que Jérôme, l’un des deux frères Jeannet champions olympiques à l’épée par équipe, est graphiste-designer. Pascale Jeuland, quart de finaliste de la course cycliste par points, exerce la profession d’aide-soignante.
Ce ne sont pas les seuls exemples. Dans le cadre de conventions passées de longue date par le biais de la
Jeunesse et des Sports, les ministères et les collectivités recrutent. C'est bon pour l'image et ça dope la fierté nationale en tout bien tout honneur. Parfois aussi, c’est une ville moyenne qui prend le flambeau : avant de se faire connaître, le marcheur Yohann Diniz (par ailleurs titulaire d’un diplôme d’œnologie), avait décroché un emploi jeune à Reims.
Coté entreprises, une convention a notamment été signée en avril 2005 entre Jean-François Lamour, alors ministre de la Jeunesse, des Sports et de la Vie Associative et Adecco pour «
préparer la transition entre vie sportive et vie professionnelle au travers d’un programme d’accompagnement ciblé et individualisé. »
Bien entendu, en raison de leur âge, nombre d’athlètes sont encore étudiants comme Fabrice Jeannet, le frère de Jérôme, qui prépare un diplôme d’informaticien pour le jour où il aura raccroché son épée. Ce qui est incontestablement un gage de sécurité si on n’est pas dans le cas de la jeune championne serbe de tennis Ana Ivanovic, la gagnante de Roland-Garros 2008.
Selon le site Rue 89, Ana a été repérée à l’âge de 14 ans par un fond d’investissement créé par un ancien trader du Crédit Suisse, Adrien de Mayer. Beaucoup de jeunes sportifs, a-t-il expliqué au Daily Mail, «
n'atteignent pas leurs objectifs de carrière faute de moyens pour se former. Nous leurs proposons une aide financière en échange d’une participation à leurs gains s’ils réussissent. Ils n’ont rien à rembourser dans le cas contraire ». Ana, première « sélectionnée », a ensuite été « cédée » au manager et businessman Dan Holzmann. L’histoire ne dit pas avec quel retour sur investissement et, quoi qu’il en soit, la jeune championne a été privée de JO pour cause de blessure au pouce.
Mais certains se posent déjà la question : après la lutte contre les produits dopants, faudra-t-il aussi veiller aux produits financiers pour que le sport garde un peu d’humanité ?